Dernières nouvelles :
Accueil » Les dossiers thématiques » Salaire » LU AILLEURS : Salaires des fonctionnaires : et si l’on disait enfin la vérité ?

LU AILLEURS : Salaires des fonctionnaires : et si l’on disait enfin la vérité ?

Le 10 juillet 2012, le journal de 20 heures de France 2 a proposé un reportage scandaleux sur la situation des agents de l’État et leur avenir en matière d’effectifs et de rémunérations dans les prochaines années.

Ce nouvel exercice, qui relève de la propagande, ou de la manipulation de masse, illustre aussi bien l’homogénéité des médias dominants, pour justifier une nouvelle cure d’amaigrissement de la fonction publique, que de la pauvreté informative des reportages des journaux télévisés.

La seule solution qui sera martelée pendant les 1 minutes 18s de reportage sera: les fonctionnaires devront continuer à se « serrer la ceinture »! Scandaleux !

L’une des premières obligations des médias d’information – a fortiori pour un média dit « de service public » – est d’apporter une mise en perspective du sujet qu’ils évoquent, afin que les téléspectateurs puissent se faire leur propre opinion.

Dans le cadre d’un reportage sur un sujet aussi sensible qui touche 4 millions de salariés, les téléspectateurs  étaient en droit d’attendre de France 2 qu’elle mette à leur disposition un certain nombre de données éclairant ce débat. Il n’en fut rien.

Les éléments qui sont en permanence cachés au téléspectateurs :

  • => les salaires des fonctionnaires n’a pas varié en 2011 et 2012, après n’avoir augmenté que de 0,5% en 2010. Pourtant les fonctionnaires sont des français comme les autres, et subissent comme le sautres, les effets de la hausse des prix ! La valeur du point d’indice (4,6303 €), qui sert de base au calcul des salaires des fonctionnaires, n’a pas bougé depuis le 1er juillet… 2010 ! La perte de leur pouvoir d’achat est de plus de 10 % depuis 2000.
  • => les fonctionnaires subissent depuis 2011 une augmentation de leurs cotisations pour la pension civile de 0,27 % chaque année, jusqu’en 2020, sans la moindre compensation salariale, qui fait donc baisser leur salaire net, dont le niveau est bloqué. Un « cadeau » introduit par la loi du 9 novembre 2010 sur la réforme des retraites, .

Il n’est pas inutile de rappeler que le nombre d’agents publics (fonctionnaires et contractuels) évoluant dans les administrations d’État ou établissements publics administratifs est identique aujourd’hui à ce qu’il était en 1990, et que, « depuis 1998, les effectifs de la fonction publique d’État ont diminué en moyenne annuelle » (page 20). Et cela, alors que la population française est passée, entre le 1er janvier 1990 et le 1er janvier 2012, de 58 à 65 millions d’habitants.

Il y a aussi des informations qui vont à l’encontre de ce qui est en permence martelé dans les médias :

La situation de la fonction publique et des fonctionnaires des 3 fonctions publiques , n’est pas ce que l’on nous rabache en permanence.

La réalité est, au contraire, celle-ci:

  • 1 – « le niveau d’emploi dans les administrations publiques » dans notre pays n’est pas plus important que dans nombre d’autres : 88,3 pour 1000 habitants en France contre 88,1 au Royaume-Uni, plus de 100 au Canada, et encore davantage dans les pays d’Europe de Nord (page 16 d’un rapport de l’Assemblée Nationale) ;
  • 2 – « rapportées au PIB, les dépenses de fonctionnement de l’administration en France représentent en 2008, 17,6 % contre 19,1 % aux États-Unis, 20,5 % au Canada et 23,3 % au Royaume-Uni » (page 23, du même rapport de l’Assemblée Nationale).
  • 3 – le niveau des des dépenses de rémunérations des administrations publiques dans le produit intérieur brut (PIB) a… diminué de 7 % à 6,8 % entre 2006 et 2009 (page 23 du même rapport de l’Assemblée Nationale ) !

Ces quelques éléments sont en effet contenus dans le  rapport d’information (de l’Assemblée nationale),« sur la soutenabilité de l’évolution de la masse salariale de la fonction publique », rapport publié dans la précédente mandature. Il s’agit un rapport enregistré à la présidence de l’Assemblée nationale le 12 octobre 2011 par les députés Bernard Derosier, Marc Francina et Charles de La Verpillère, dans le cadre des travaux de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire :

Le changement c’est maintenant” ! C’est aussi pour les fonctionnaires !

Après 10 ans de pouvoir férocement anti-fonctionnaires, ceux-ci attendent légitimement du nouveau gouvernement d’être mieux traités. Il serait impensable  que celui-ci ait comme ligne de conduite de seulement digérer les mauvais coups de son prédécesseur, et donc d’aggraver encore la situation des fonctionnaires.

Car par rapport au Smic, les fonctionnaires ont perdu près de 5 % depuis 2010. Plus de 10 % de recul depuis 2000. Ça ne peut plus durer !

On en voit d’ailleurs les effets dans la difficulté que le ministère de l’éducation recouvre à recruter (et à conserver) des professeurs. Il est vrai qu’un écart énorme de près de 25% s’est creusé en quelques années entre les salaires proposés aux jeune diplômés en sortie de cursus universitaire par le secteur privé, à niveau égal (Bac +4 ou Bac +5), et les salaires du secteur public, au bénéfice du secteur privé !

Mais la situation que l’Etat et les collectivités locales font aux techniciens et aux experts tout aussi scandaleuse, car leurs compétences et leurs savoir-faire n’est plus reconnu !

Quant aux catégories d’exécution, même si les gouvernement successifs ont été obligés de remonter le niveau des salaires d’embauche pour qu’il ne sombre pas au dessous du Smic, la situation n’est évidemement pas satisfaisante, car il ne s’agit que des indices de début. Les fonctionnaires de ces catégories se voient être aspirés vers le Smic.

On ne peut plus continuer comme avant ! Les fonctionnaires ont aussi le droit au changement ! C’est dans cet esprit que la CGT aborde l’annonce faite par le gouvernement d’une concertation à l’automne pour les politiques de rémunérations dans la fonction publique.

Source: observatoire des médias Acrimed

Article original sur le site de l’Union locale CGTde la Région Dieppoise